Le centre européen de formation continue maritime (CEFCM) basé à Concarneau forme chaque année 2 500 stagiaires aux métiers de navigant (pêche, off-shore, commerce…) et de non navigant (personnel des entreprises maritimes…). « Nous avons notamment pour mission de garantir l’accès aux brevets maritimes par la formation continue et d’assurer la coordination de la formation continue maritime sur le territoire de la Région Bretagne », explique Alain Pomes, directeur du centre. Les trois établissements en site propre du CEFCM sont spécialisés en trois activités : navigation et formations générales, formations techniques et maintenance, formation sécurité et sûreté. Des formations qualifiantes sont également construites en partenariat avec le réseau des lycées maritimes. Le CEFCM réalise des formations sur-mesure à la demande d’entreprises, en France et à l’international. « Les métiers à la pêche sont de vrais métiers d’insertion. On peut y rentrer comme matelot et sortir 5 ou 6 ans plus tard Capitaine grâce à la formation continue. »

Plus d’infos : www.cefcm.com

Baptiste, «destiné à la mer »

Sa première marée de trois jours, Baptiste l’a effectuée à 8 ans et demi sur le coquiller de son père, armateur à Dieppe. « C’était une étape importante », dit-il. La passion de la mer ne l’a pas quitté. A 18 ans, Bac Pro chaudronnerie en poche, il embarquait, sous dérogation. « Mon père m’avait conseillé de passer un bac avant de prendre la mer. Il me disait : Si tu veux faire marin, tu feras marin… Soudeur, ça sert toujours à la pêche !» Dès l’âge de 10 ans, Baptiste donnait des coups de main à la réparation des dragues à coquilles et des couteaux.

Il a navigué six mois avant de reprendre ses études pour préparer le Capitaine 200 en formation continue (aptitude à commander des bateaux de 25 mêtres). Il a validé son brevet par 6 mois de mer… et le voici de nouveau à l’âge de 20 ans en formation, cette fois au CEFCM, pour devenir lieutenant de pêche. « Mon objectif, c’est de devenir patron ».

Le 15 octobre prochain, il pourra embarquer. Lui qui aime « l’air salin, le travail sans routine et mériter son argent », a l’opportunité de patronner un chalutier coquiller de 16 mètres. Et de réaliser son « rêve de gosse ».

Christophe, « vivre sa passion »

« La pêche, tu n’y vas pas que pour la paie. Sinon tu n’y restes pas ». Christophe, 29 ans, embarque depuis ses 17 ans, dès qu’il a obtenu son CAP Pont au Lycée maritime du Guilvinec. Originaire de Fouesnant, il est issu d’une famille de marins. Il avait onze ans la première fois qu’il est parti en mer avec son père. «  Quinze jours pour me montrer ce qu’était le métier, en sud-Irlande ». Forcément, ça forme un marin. Il fait ce métier pour « l’aventure, le côté guerrier, rustique… C’est à part. Je vis de ma passion ».

Depuis 5 ans, après une expérience de grande pêche (marée de cinq mois et demi) en Norvège sur un bateau usine pélagique, il embarque sur un thonier de la Compagnie française du thon océanique (CFTO) basée à Concarneau. En formation au CEFCM, il prépare le Lieutenant de pêche. « Je souhaite monter en catégorie. Tous les jeunes qui sortent d’école ont au minimum ce brevet. Il me permettra d’aller au commerce si besoin. »

Brice, « à la langouste »

D’emblée, Brice tire un coup de chapeau à sa femme qui gère seule le quotidien de leur famille de deux enfants, à la Réunion. Depuis 9 mois, il est en formation à Concarneau. Il prépare le brevet de Capitaine de pêche qui lui permettra de devenir second capitaine du navire de 77 mètres (49 marins) sur lequel il embarque à la pêche à la langouste. Il a 39 ans et déjà vingt ans de commandement.

A 18 ans il sort de l’école des mousses et travaille sans tarder sur un 16 mètres qui pêche, à la palangre dérivante, espadons, thons, requins, marlins… au large de la Réunion. A 19 ans, il commande son premier 12 mètres puis devient second capitaine d’un 25 mètres deux ans plus tard. Entre 2000 et 2006, il est patron du Cap Morgane, un catamaran de 25 mètres et commande 9 hommes d’équipage. Puis il part à la grande pêche, pour des marées de 20 jours vers l’archipel Kerguelen sur un 55 mètres.
Depuis 3 ans, il est à bord de l’Australe, chalutier Langoustier de la SAPMER. « Mon oncle y travaillait déjà. J’ai réalisé mon rêve d’enfant de naviguer avec lui. »

Julien, « Abidjan, port d’escale »

« Autant aller à l’école quand on est jeune. C’est plus facile ! » Après un Bac Pro obtenu au Guilvinec puis 6 ans d’embarquement sur un thonier (Saupiquet), Julien 26 ans, originaire de Pont-Aven, est sur les bancs du CEFCM. Il y prépare le brevet de Capitaine de pêche. Le plus haut niveau de formation qui lui permettra un jour de prendre les commandes d’un thonier tropical de 80 mètres. « Je pourrais dans un premier temps devenir second et monter à la passerelle. »

Il est aujourd’hui lieutenant, supervise les manœuvres du filet. « Nous pêchons le thon en Atlantique, vers l’Angola ou Dakar, en fonction des saisons de pêche ». Port d’attache, Concarneau, port d’escale, Abidjan ! Son rythme: un mois et demi en mer, un mois et demi à terre. « Les marées passent vite, surtout quand il y a de la pêche ». Il aime « partir chercher le poisson, chasser, gagner son argent ». « Je ne me vois pas quitter ce métier ».

Centre européen de formation continue maritime
1 Rue des Pins
BP 229
29182 Concarneau Cedex
Tél : 02 98 97 04 37

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