Avec 90% de la production nationale issue de ses champs d’algues, la Bretagne confirme sa position dominante dans cette filière qui regroupe un nombre croissant d’entreprises, de la récolte à la valorisation.

150 emplois sont générés par la transformation de cette matière première récoltée à pied par 20 goémoniers professionnels et près de 300 ramasseurs occasionnels et pêchée par une quarantaine de licenciés à l’aide de « scoubidous ». Et les prévisions de développement sont prometteuses avec l’extraction de l’hyperboréa, une algue brune entrant principalement dans la composition de produits pharmaceutiques, alimentaires et textiles… Sa récolte, actuellement de 15 000 tonnes devrait doubler dans les prochains mois. Son mode de ramassage selon le procédé norvégien du peigne tracté est pourtant décrié par un collectif d’élus, pêcheurs, plaisanciers. Une étude scientifique menée par le Parc Marin d’Iroise, Ifremer, la station biologique de Roscoff qui vient tout juste d’être publiée, se veut toutefois rassurante. Elle minimise l’impact du peigne sur la faune, la flore et la biodiversité des champs de laminaire si des précautions quant au déplacement et au retournement des blocs sont prises par les récoltants.

« Nous avons besoin de maintenir des champs d’algues de qualité en Bretagne, souligne Christine Bodeau, présidente de la Chambre syndicale des algues et végétaux marins. Nous restons vigilants afin d’éviter que les besoins des entreprises de valorisation et de transformation n’incitent les récoltants à ne plus suivre les règles de bonnes pratiques. » Un guide de la récolte des algues de rive a ainsi été réalisé afin que tout usager de l’estran respecte les gestes et la réglementation pour une gestion durable des champs d’algues. Un préalable au maintien de la certification d’algues en « agriculture biologique ». « Ce label bio nous permet d’être présents sur le marché international aux côtés de l’Argentine ou du Chili. Mais la concurrence est rude. Les techniques de production ne sont pas homogénéisées au niveau mondial. Nous sommes soumis à des règles beaucoup plus contraignantes et à des analyses coûteuses qui nous pénalisent », conclut-elle.

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